Les nouvelles ne sont pas bonnes. Ma mère a
Les nouvelles ne sont pas bonnes. Ma mère a quitté sa clinique en catastrophe pour le service réanimation du CHU. Crise d'épilepsie généralisée. Mon intuition me disait bien que ça finirait mal. L'infirmière me dit que vu la gravité du truc, on n'exclut pas des lésions cérébrales ou tumorales, ce qui me rassure vachement. Je penche plutôt nettement pour un total collapse dû aux psycho-neuro-saletés qu'elle ingurgite, elle n'a jamais été épileptique. Faudrait qu'on m'explique comment une pathologie psychiatrique dégénère subitement en problème neurologique. On ne m'expliquera rien, comme d'habitude. Cet épisode en dit long sur l'incompétence du personnel de la clinique où elle moisit depuis deux mois. J'ai mauvaise conscience, je ne l'appelais plus depuis plusieurs jours, envie de penser à autre chose ou plutôt de envie ne pas y penserdu tout. Comme chaque fois que j'essaie de mettre les voiles, ce truc me rattrappe à la gorge, au coup de lasso. Y aller ou pas. Y aller ne servirait probablement à rien. Y aller quand-même ? Téléconférences familiale à répétition, la même impuissance qu'il y a dix ou vingt ans ou trente ans. La même solitude partagée aussi. Mon père s'est rendu compte que j'avais raison et est disposé à la transférer dés que possible en région parisienne. Il était temps.
Mon mec passe son temps dans les vernissages, les dîners d'affaires, les meetings corporate, il s'envole vers des villes qui commencent toutes par M. Nico est busy. Nico n'a pas le temps. Alors je reprends mes pérégrinations nocturnes. Je vais dans des bars où la bière coûte 99 centimes. S'arracher la gueule pour 4 euros 95, c'est très démocratique. Concert ethno-electro kurde, puis lesbian trash metal, soirée porn star iditoe dans une boîte bondée de garçons proprets et après je baise un ovni barbouillé de gel, tel un dindonneau au saindoux. En toute chose mesure garder, bébé. Je sniffote de la coke avec mon buddy R., alors que la coke ne me fait rien. R. file un très mauvais coton et ne me dit pas tout. Je lui tends des perches et il ne les saisit pas. R. reste un buddy de débauche, pas un ami. Mardi dîner bizness, dix nationalités présentes, quelques quidams intéressants dans le tas, et moi, manque de pot, bêtement coincé entre deux types mal dans leur peau, mal dans leur tête qui n'ont qu'un sujet de conversation : Linux. Linux et access. Linux et Trados. Linux et nous. Les 3/4 des nerds sont des associaux en puissance. Hier , pour changer, je me suis encore brouillé avec des clients qui tentent une fois de plus de marchander mes tarifs à la baisse. C'est non. Suis pas en solde, moi. Enfin, pas encore. Je passerai sur un différend calamiteux avec le fisc qui finit de donner la touche top maussade au mois de février 2006. Heureusement que j'ai de l'humour, sinon ma vie finirait par ressembler à une chanson de Véronique Samson...