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Vu d'en face
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10 juin 2006

La world beaufs cup commence à peine et déjà le

La world beaufs cup commence à peine et déjà le quartier se populacise, des ouliganes en meutes se rossent sans raison, des potaches niais déguisés en ballon rond (official world cup scout) m'interpellent bruyamment,  "may I help you" , des créatures adipeuses coiffées de perruques acryliques aux couleurs nationales-ethniques vomissent à chaque coin de rue.
  Comme la plupart de nos zamis, nous avons décidé de quitter provisoirement cet asile psychiatrique. De toute façon, je n'aime pas particulièrement cette discipline si propice à la régression puérile et au chauvinisme imbécile (gniii).  Entre  le foot et moi, c'est  une histoire complexe. Ma carrière footballistique a commencé en 1975 pour se terminer abruptement deux ans plus tard. L'année où j'intégrai la communale, sans même me me consulter, mon père m'avait inscrit à l'école de football de l'amicale laïque. Donc, pfff, au lieu de regarder Garcimore à la télé, au lieu d'aller pêcher des têtards à Loc'h maria, mes activités parascolaires consistaient à poursuivre vainement une baudruche en peau de vache, un peu comme un hamster doré qui court sans but dans sa roue. Au bout de quelques mois, n'ayant marqué aucun but, ne touchant pas une balle, je fus déclassé,  l'entraîneur-découvreur de jeunes talents  comprit que j'étais un jeune désespoir du football, et, ô humiliation,  je dus quitter le poste d'attaquant pour devenir simple arrière droit, au fond, à droite donc. Vêtu d'un short beigeasse et d'un tricot rouge-bordeaux qui déteignait sur mon marcel rippé, chaussé d'étroits souliers à crampons qui s'enfonçaient dans la grasse glaise, j'attendais stoïquement sous la pluie (parfois glaciale, cendrillonné-je) que le temps s'écoulât - c'est long, 90 minute quand on a 6 - 7 ans et qu'on n'aime pas le foot -  repoussant à l'occasion mollement et avec peu de conviction le ballon. Mais bon, on me foutait la paix, c'était déjà ça. Heureusement, mon ami Nicolas était arrière gauche, on parlait de choses et d'autres, entre autre  de mes tourterelles stériles et de son père tétraplégique depuis la bataille d'Alger, patati-patata, et le temps finissait par passer. Parfois, le samedi, il y a avait match à l'extérieur, grasse matinée, mes fesses, il fallait se lever à tôt,  rejoindre en car des plous paumés, pour attendre 90 minutes,  voire plus si prolongation,  que le temps passe enfin, manger des casse-croûte mous beurre salé-cochonnaille puis le vomir dans le car, mal du voyage, et entonner des chansons cons, sité champion appuie sul champignon. Au bout de deux ans de ce jeu absurde, é finita la comedia, j'ai décidé que le foot ne servait à rien et qu'il valait mieux arrêter les dégâts. C'est sans doute à cette époque que mes parents ont réalisé que je n'étais un être hors du commun.

Donc le foot n'est pas mon verre de vin,  et comme on annonce la présence quotidienne de 50 000 abrutis ivres devant le giant television screen du stade voisin, je m'en vais sous semaine prendre l'air à Madère. Je ne suis jamais alle à Madère, et en écrivant Madère en français, mon moteur de recherche illustrée personnel me balance automatiquement une image, la langue de boeuf sauce Madére avalée chez mamm gozh devant les chiffres et les lettres, mon grand-père adorait les chiffres et les lettres, l'occasion de faire montre de sa maîtrise du français, contrairement à ma grand-mère qui parlait surtout le brezhoneg et le lisait aussi. Consonne. C'h. Madère m'évoque également le frétillant Jean Pierre du même nom, "disparuuuu au coins de ma ruuuue", mais c'est une autre histoire, et le lien entre la langue de boeuf, Jean-Pierre et l'île aux fleurs est sans doute très ténu.  Bref j'ai réservé une chambre dans un hôtel sans étoile et néo-classique de la ville nommée Funchal, presque hésité à booker, rions un peu, le forfait honey moon, suite nuptiale, vin pétillant, sérénades au violon et corbeille d'orchidées pour les frais époux, le tout pour 99 euros supplémentaires, mais non, faut pas déconner, mon mari aurait fait la moue et les Madérotes (Madériens ? Madérènes ? ) peut-être aussi.

Sinon mon homme est en congé pour trois semaines, et il a été décrété qu'il était temps de repeindre en blanc banquise le linvingroume qui a pris, les années aidant, un étrange coloris hybride terracota-nicotine qu'on pourrait à la limite baptiser Terracotine, voire Nicocota. Pour ce genre de trucs, on a toujours le soutien téléphonique de beau-papa, expert en bricolage, il nous doit d'ailleurs bien ça, puisque on lui affrête via internet son viagra générique à l'insu de qui nous savons. Bref, ma montre a chu dans un seau de peinture, les chats ont entamé une partie de cache-cache sous la bache avant de patauger dans les flaques de peinture laquée spéciale quasi indélébile, ont tenté, au risque de s'empoisonner, de lécher la poisseuse chimie, il fa fallu les attraper, tailler grossement le poil souillé puis les doucher un peu, gratter au scotch-brit les pattes et coussinets laqués. Ils n'ont pas apprécié. Résultat de l'opération j'embellis mon cadre de vie, j'ai les bras très griffés, les chats me prennent pour Goebbels et  le livingroume, quant à lui, a désormais le charme d'un entrepôt réfrigéré. La prochaine fois je choisirai une peinture ocre et j'enfermerai ces liposomes velus dans les ouatères.

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Commentaires
N
Et si le monde s'arrête au 10 Juin chez Poly, c'est normal, il picole de la Jouvence de l'abbé Soury.<br /> ;-P
P
@Nighty : point de concept, j'étois en villégiature sur l'île aux bas varices Ö<br /> @pv : meuh non, les grassouilles ont leur cat-sitter attitré (-;
P
pauv chats......on frise la SPA!
N
Le post mensuel, c'est ton nouveau concept? ;-P
B
Je suis HUMILIEE<br /> Peux par taper le eztzètetruc sur mon clavier...
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