J'aurais des very good news, en fait. Immunité
J'aurais des very good news, en fait. Immunité reboostée, 440 cédémuches. Thérapie alternative, clone de kaiser pax. Ça marche, apparemment. Ou alors, c'est cyclothimique. Ou alors, les laborantinEs étaient pochtronnéEs. En tout cas, see you later trithérapoche. C'est presque dommage, tiens, mon PTA m'avait convaincu, j'étais prêt à me lancer, là, tout de suite. Sustiva/Truvada. Se lancer, c'est accepter d'être rappelé une ou deux fois par jours à la réalité ou présence du virus. C'est surtout ça. Pour moi.
Et puis un, deux nouveaux clients, je participe Le Meuresquement à la fulgurante épopée du ouèbe deux point zéro. Hin hin. Ayant connu la débâcle du web 1.0, je suis sceptique. Mais bon.
Et puis, mon époux est adorable. Les chattes sont joviales et détendues et souscrivent sans broncher à leur régime alimentaire. Ultra light for indoor cats. La gueule du vendeur saxon quand je lui ai précisé qu'il me fallait une balance ultra-précise pour peser mes chats. Espèce de plouc.
Et puis, j'ai fini avant-dernier à un derby de luge interlesbien. Mes potesses gousses ont un faible pour les concours à la con.En tout cas, belle prestation quand on me connaît. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des bla bla.
Mais, comme d'habitude depuis deux-trois ans, les embrouilles familiales me rattrapent au lasso. M'accaparent. Me prennent le chou. Me laminent. Ma culpabilité. Alors qu'il n'y a pas de coupables dans cette histoires, que des victimes. L'éternelle impasse, et ses implications. Des gens que j'aime, je ne peux pas rester indifférent. Les docteurs sont formels, il y a eu erreur de diagnostic. Les bras m'en tombent encore. Mais j'avale. Ce que je n'avale pas, c'est de faire face à un mur d'incompétences ou d'indifférences. De devoir intervenir, pousser une gueulante, malgré la profusion de structures d'accompagnement ou d'organismes sociaux aux noms ronflants. Dans le microcosme familial, tout le monde pète un plomb. Me suis pris une volée de reproches en pleine gueule. Des trucs violents. Du style : t'en as rien à foutre, tu te fends la gueule pendant que la famille galère. On ne me comprend pas. Il suffit de lire ce que j'écris ici pour savoir que c'est faux. Archi-faux. Ma sérénité de façade interprétée comme une ndifférence crasse. Mon côté nuche "think positive" comme de l'inconscience. Ça m'a fait mal, j'en ai chialé, après-coup. Un peu. Pas trop quand-même, on avait dit "no drama" cette année. J'ai décidé laisser passer l'orage, de ne pas rentrer dans ce jeu-là.
Reste le ratage total des dispositifs censés apporter une solution aux problèmes que la situation génère. Un manque total de cohérence, des dossiers qu'on se renvoie entre différentes structures cantonales, départementales, entre sécu et mutuelle, zone 1, zone 2. Le bordel. Je n'exagère rien. Absence totale de coordination. On n'est pas aidés, c'est le moins qu'on puisse dire. C'est fatigant.
Concrètement, les docteurs ont décrété que ma mère n'a plus rien à faire en psychiatrie. Surtout, il faut libérer des lits. On se débarrasse dès que possible des plus de 60 ans. Ce que je lis, entre les lignes : on arrête tous les traitements, on la place est en gériatrie, et on attend. Le hic, c'est que les structures sont saturées, dans le département, mais aussi dans toute la région. Toutes, privées comme publiques. Des structures payantes, de 1500 à 2500 euros par mois. Rien, C'est complet monsieur. Des listes d'attente de 3 mois, 6 mois, 1 ans. Ça ferait un beau thème de campagne, tiens. Pas de place pour accueillir une femme de 65 ans, handicapée à 90 ou 100%, je sais plus. Nulle part. Je trouve ça un peu inquiétant, tiens, niveau médico-social, pas de place.
Pas de place, donc, et l'assistante sociale a, dans un premier temps, opté pour la pire des solutions : retour "provisoire" à domicile sous quelques jours, avec "suivi" en hôpital de jour deux ou trois jours par semaine et aide à domicile. Il est évident que mon père ne pourrait jamais gérer ça. Même à mi-temps. La conjonction des handicaps physiques et des troubles du comportement, la laver, la faire manger, lui faire prendre ses médicaments. Il n'est pas infirmier, pas qualifié, il n'a plus 20 ans, il est malade et fatigué. Point barre. Personne ne peut gérer ça. Il l'a dit et répété, mais, apparemment, autant parler à un mur, "il n'y a pas de solution". Sa détresse.
Alors, de mon côté, j'ai fait mon possible. Décidé de reprendre les choses en main. Style "je rachète ma dette". Dans l'urgence. Envoyé une dizaine de mails. Pris le téléphone, pendant des heures, appelé le conseil général, la région, des assoces, diverses abréviations sibyllines, CDS, CLIC, ESM du CHP, trucmuche, je sais plus. Insisté, gueulé pas mal, dramacouiné sans trop forcer le trait, la réalité étant dramacouinesque à souhait. Répété 10 fois la même histoire.
Et puis, de standards en standards, je suis enfin tombé sur la DSD, solidarité départementale, ça sonne trop bien à mes oreilles fatiguées. Qui proclame sur son site que la solidarité n'est pas un vain mot. Là, trouvé quelqu'un de relativement haut placé dans cette hiérarchie byzantine, qui m'a patiemment écouté, pendant près d'une heure. J'ai une fois de plus tout expliqué. De A à Z. Tout déballé. Dans le détail. Je crois que je me suis parfaitement fait comprendre. Qu'il y a eu comme un déclic, une prise de conscience. On m'a dit "Je vais faire mon possible, mais je ne vous promets rien". Hier matin, un mail m'annonçant que le retour à domicile est prévu au plus tard en début de semaine prochaine. "En espérant avoir répondu à votre attente, je vous souhaite une bonne journée". Merciche. J'étais comme dégoûté. J'avais tort. Parce que ce spamming téléphonique a porté ces fruits. J'ai pour ainsi dire fait un petit scandale. J'en rosis. Cet après midi, hop, je reçois deux coups de fil. Un quidam du conseil général. Déclenchement d'un truc style commission d'évaluation, mon père a reçu un courrier ce matin, ils passent la semaine prochaine. Et puis une assistante sociale. Qui fait son possible pour trouver un hébergement médicalisé, dans les meilleurs délais. Et passe demain voir mon papa. Je suis un héros.
Sinon, Sarkozy est ridicule. Avec ses phrases à une relative, sa méconnaissance assumée des règles du subjonctif et son vocabulaire de 300 mots, il inaugure effectivement un nouveau style de politique. La politique pour les NulLEs. L'argument choc contre ce garcon profondément complexé & en quête de reconnaissance, c'est sa réputation merdique au-delà des frontières hexagonales. Terrible. Ses récentes & piteuses tentatives de séduire les médias étrangers ne prennent pas. Au contraire. Personne n'est venu. La confidentialité (ouiche) m'empêche d'en dire plus, mais je ris. Jaune, parce que s'il est élu, j'aurai très très honte.